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Chapitre 3 

Aux premières lueurs de l’aube, les deux voyageurs reprirent leur route. Après plusieurs heures de marche, ils atteignirent enfin leur destination : la ville d’Orion. Il s’agissait de la première grande ville qu’ils s’apprêtaient à traverser. Intriguée par leur passage dans une ville, Lia interrogea Haru :

« Je pensais que tu ne voulais pas que nous passions par les villes ?

—Oui, mais là c’est exceptionnel ! J’ai besoin de voir un ami forgeron pour mon épée.

—Ah oui, c’est vrai ! Tu l’as légèrement abîmée lorsque tu as chassé avec l’autre jour…

—Oui… Si j’avais su plus tôt que tu étais végétarienne. » répliqua-t-il.

Elle se confondit en excuse, gênée. Il répliqua en lui disant qu’il plaisantait et que ce n’était rien de grave.

Ils déambulèrent à travers diverses échoppes : un marché proposant les récoltes du mois, des boutiques de vêtements, une bijouterie scintillante et des tavernes animées à chaque coin de rue. Leur marche les mena devant une boutique nichée au bout de la rue principale. L’endroit, vétuste et peu engageant, ressemblait davantage à un bazar qu’à une véritable boutique. Des armes étaient éparpillées çà et là, sans ordre apparent. L’entrée était masquée par un rideau sale et déchiré, et il n’y avait aucune vitrine d’exposition. Au sol, des outils de métallurgie — pinces, marteaux, poinçons — traînaient, probablement laissés là par le propriétaire des lieux.

Alors que Lia regardait en détails la petite boutique, Haru l’interrompit dans ses pensées :

—Attends-moi dehors, j’en ai pas pour longtemps ! »

La jeune fille acquiesça. Elle chercha de quoi s’occuper en flânant dans la rue principale de la ville, qui était toujours animée par ses divers magasins. Elle aperçut un banc, non loin de la boutique où était Haru. Elle hésita un instant avant de se décider d’y aller pour l’attendre. Tandis qu’elle regardait les rues animées de la ville, ses pensées furent interrompues par une voix grave. Elle s’immobilisa et posa son regard sur un jeune homme brun aux yeux verts d’eau. Il était assez jeune, mais paraissait plus âgé que Haru.

« Bonjour jeune demoiselle, excusez-moi de vous interrompre ainsi mais je voulais vous dire à quel point vos yeux sont magnifiques. Puis-je vous demander votre nom ? » Elle lui répondit, hésitante :

—Euh… merci. Je m’appelle Lia.

—Un très joli nom qui vous va à ravir. Oh, excusez-moi, j’en oublie la politesse : Je me présente, je me nomme Gärd, enchanté.

—Pareillement. » Elle se leva alors. Lorsqu’il la vit se lever, il demanda :

« J’espère que je ne vous dérange pas ? Je vous ai vu ici depuis quelques minutes et je me suis permis de vous aborder.

—Oh non, vous ne me dérangez pas. Cela me fait plaisir d’avoir de la compagnie en attendant.

—Vous attendez quelque chose ? Ou peut-être quelqu’un ?

—Oui, j’attends bel et bien quelqu’un.

—Désolé, j’ignorais que vous étiez accompagnée. »

À cette phrase et à la façon dont elle avait été formulée, Lia comprit que le jeune homme se méprenait.

« Non, ce n’est pas ce que vous pensez. » dit-elle en souriant d’un air gêné. Elle reprit :

« Je ne suis pas en couple.

—Je suis vraiment confus. Pardonnez-moi de la méprise.

—Je vous en prie !

—Mais, dans ce cas, est-ce que ça vous dérangerait de marcher un peu avec moi, de regarder et flâner devant les échoppes ?

—Et bien, c’est-à-dire que…

—Je me doutais bien que vous résisterez. »

La voix du jeune homme prit une tout autre intonation. Déjà grave, elle résonnait désormais d’une façon inquiétante, teintée d’une froide malveillance. Frappée de stupeur, Lia recula d’un pas, mais Gärd saisit brusquement son bras. Elle tenta de se dégager, en vain : sa poigne était bien trop ferme. Lorsque Lia ouvrit la bouche pour appeler Haru, il l’en empêcha, plaquant sa main sur sa bouche. Elle se débattit, cherchant à se défaire de son emprise, mais une douce odeur lui chatouilla les narines, Ses paupières s’alourdirent, ses forces l’abandonnèrent… et, sans pouvoir lutter, elle sombrât dans le sommeil.

Une dizaine de minutes plus tard, Haru sortit de l’atelier de son ami forgeron. Il balaya les environs du regard, mais Lia restait introuvable. Fronçant les sourcils, il interrogea les marchands des échoppes voisines, leur décrivant une jeune fille aux cheveux châtains et aux yeux d’un bleu glacé. Tous répondirent à la négative. Inquiet, il élargit son périmètre de recherche et se dirigea vers le parc situé derrière la rue commerçante. Il scruta chaque recoin, questionna les badauds, mais obtint toujours la même réponse négative. Son inquiétude grandissait alors.

Tandis qu’il venait d’interroger une mère de famille, il perçut la voix fluette de son jeune fils, qui tirait sur sa manche pour attirer son attention :

« M’man, le garçon là, il cherche la fille qui a été capturé par les gardes ?

—Chut ! »

À ces mots, Haru se précipita vers la mère et ses enfants, son cœur battant plus fort. Il leur demanda de répéter, mais la femme secoua la tête et répondit d’un ton évasif que ce n’était rien, juste l’imagination débordante de son fils.

Mais Haru n’était pas dupe. Il comprit aussitôt la situation : ce n’était pas que les habitants ignoraient où se trouvait Lia… c’était qu’ils refusaient de le lui dire.

« Qu’est-ce qu’ils vous ont dit ? Ils vous ont fait du chantage c’est ça ? Ce serait pas étonnant de leur part. La garde royale utilise toujours ce genre de méthode… »

Il se ressaisit. Ce n’était pas en perdant son calme qu’il allait arriver à la retrouver.

« Écoutez, je sais que vous êtes dans une position difficile. Mais je suis sûre que vous et moi voulons la même chose : que la paix règne enfin dans ce royaume. Je suis sûre que vous voulez que vos enfants connaissent cette paix, alors s’il-vous-plaît, dîtes-moi ce que vous savez. »

La mère vit le regard du jeune homme. Il était tellement sincère et elle savait qu’il avait visé juste. Elle regarda ses deux enfants un moment, puis de nouveau le jeune homme et décida de lui révéler la vérité. En échange, il devait aider cette ville à faire partir le Lieutenant de la garde royale qui y détenait le pouvoir.

« Je n’ai qu’une parole.

—La garde royale, sous les ordres du Lieutenant, a capturé une fille il y a une demi-heure environ. Cheveux châtains et yeux bleus glacés, comme votre description. Nous ne savons pas pourquoi mais ils ont menacé tous les habitants de nous prendre nos enfants pour en faire de futurs gardes royaux si nous n’obéissons pas. Comme si notre vie n’était pas déjà un enfer partout dans le royaume, alors si en plus nos enfants subissent ça ou doivent, à l’avenir, faire subir ça à d’autres personnes. Je ne pourrais pas le supporter. »

Face à cette histoire, Haru tiqua. Des souvenirs lui revinrent en mémoire mais il les chassa. Ce n’était pas le moment de penser à ça.

« Merci madame. Je m’occupe du Lieutenant. Sans lui, les gardes royaux devront partir aussi de cette ville.

La mère le remercia et il lui répondit que ce n’était pas la peine de le remercier pour l’instant puisque rien n’était encore fait. Avant de partir, il demanda à la mère où la jeune fille était détenue et elle lui dit que c’était dans la cathédrale de la ville, qui n’avait d’ailleurs plus rien d’un lieu de culte. Il se dirigea donc vers cette dernière.

Arrivé près du lieu saint, il vit plusieurs gardes à ses alentours. Il décida donc de passer par les toits pour être plus discret. Étonnement, ils n’avaient pas pensé à surveiller les toitures des bâtiments.

À peu près au même moment, Lia commença à se réveiller. Alors qu’elle ouvrit les yeux, elle aperçut deux gardes royaux devant elle, en train de la surveiller.

« Elle s’est réveillée. Va prévenir le Lieutenant. » dit un des gardes à l’autre.

Le deuxième garde se dirigea en direction de la seule porte que contenait la salle. Lia ne savait pas où elle était. Elle se rendit vite compte que ses bras étaient attachés derrière son dos. La pièce était quasiment vide : Il n’y avait qu’une armoire, qui trônait dans un coin de la pièce, fermée. Elle aperçut la lumière du jour et regarda en direction des fenêtres de la pièce. Cette dernière en possédait trois. Elles étaient grandes et hautes et possédaient des vitraux. Lia comprit grâce à elles qu’elle était dans un lieu de culte : seul un lieu saint et entretenu par des personnes de pouvoir pouvait avoir des fenêtres comme celles-ci et les entretenir. Surtout que la guerre avec les autres royaumes était terminée depuis seulement dix ans. Alors qu’elle réfléchissait à l’endroit où elle pouvait être, le deuxième garde arriva et dit au premier, qui était restée avec Lia :

« Le Lieutenant veut qu’on l’amène.

—T’as entendu ? Lève-toi ! »

Le premier garde la souleva par le bras et la poussa vers l’avant. Celle-ci tomba à même le sol. Les deux gardes ricanèrent.

« Allez, plus vite que ça ! » dit l’un des deux gardes.

Le deuxième l’attrapa en tirant sur ses cheveux :

« Lève-toi, on t’a dit ! »

Alors qu’il était sur le point de la lever de force tout en tirant sur ses cheveux, une voix grave les interrompit en leur disant d’arrêter. Lia reconnut cette voix entre-mille, c’était Gärd.

Ils la lâchèrent d’un coup et elle tomba de nouveau sur le sol. Les deux gardes posèrent leur main gauche sur leur front en signe de garde-à-vous.

« Mon Lieutenant. » disent-ils en chœur.

Lia ricana à cette révélation. Gärd la regarda, interrogateur.

« Qu’y-a-t-il de si drôle, ma chère ?

—Lieutenant hein ? C’est comme ça qu’on t’appelle ? » dit-elle d’un sourire narquois.

Il s’approcha d’elle et la releva avec douceur. Elle était dorénavant à genoux. Il s’accroupit pour se mettre à sa hauteur.

« Exact. Et c’est ce même Lieutenant avec qui tu as, plus tôt, baissé ta garde.

Elle ricana de plus belle. Il lui demanda pour quelle raison est-ce qu’elle ricanait et elle répondit :

« Tu fais pitié. Tu n’as de nom que Lieutenant. Je ne vois pas où est ta fierté et ton honneur de servir ta patrie dans tout ça.

—Tu ne comprends pas, mais ce n’est pas grave. Je ne vais rien te faire puisqu’il me l’a ordonné. En revanche, t’as-t’on déjà dit à quel point tu pouvais être naïve ? Te laisser berner aussi facilement. Franchement, je te tire ma révérence. Tu ressembles bien à tes parents. Ils étaient naïfs et crédules. C’est peut-être pour ça qu’ils se sont reclus dans un petit village, pensant être à l’abri de tout. Mais finalement, ils y ont juste connu la mort. »

À ces mots, Lia ne put retenir sa colère. L’insulter passait encore, mais s’en prendre à ses parents, qui n’étaient désormais plus de ce monde et dont elle a vu les corps sans vie après l’attaque de son village, c’était intolérable. Ses mêmes parents qui, d’ailleurs, lui avaient appris à essayer de garder son calme lors de circonstances difficiles et insupportables. Elle avait réussi lors de l’attaque sur son village à garder son calme, mais là, rien que de toucher ceux qui lui sont proches et de lui rappeler le moment de leur mort, en sachant qu’elle en faisait encore régulièrement des cauchemars, elle en perdait son calme et sa patience.

Il approcha davantage son visage près du sien et la força à le regarder dans les yeux en soulevant son menton de la main. Elle ne put se retenir et lui cracha au visage. Sa réaction fut immédiate : il la gifla tellement fort qu’elle se cogna la tête contre le sol en marbre.

« Je me suis retenu tout ce temps, mais il ne faut pas abuser de ma patience ! » cracha-t-il.

Il s’approcha de Lia tandis qu’elle le fusilla du regard. Tandis qu’il était sur le point de la toucher pour la relever de nouveau, on entendit une des fenêtres de la salle se briser et des flammes rouges comme des rubis jaillirent de cette même fenêtre, sans que quiconque n’ait eu le temps de bouger. Gärd les esquiva de justesse et recula près de la porte, tandis que les deux gardes se les prirent de plein fouet. Haru apparut derrière les flammes. Il courut vers Lia quand il la vit à moitié allongé sur le sol. Il libéra ses bras ligotés. Elle était tremblante, mais pas de peur. Elle tremblait de rage. Haru reconnaissait bien cette façon de trembler, et il voyait dans son regard la colère qu’elle ressentait.

« Je n’aurais jamais cru que tu serais venu, Haron. » s’exclama Gärd.

Des gardes royaux arrivèrent en trombe après avoir entendu le carreau se briser. Gärd tendit son bras gauche, comme pour empêcher les gardes de passer, ce qui signifiait qu’il ne fallait pas attaquer pour le moment. Haru lui lança :

« Je te provoque en duel, si tu perds, toi et tes sbires partaient de cette ville. Si je perds, je te laisse Lia.

« Lieutenant, ne l’écoutait pas ! » hurlèrent les gardes.

« Silence ! »

Le brouhaha de leurs voix cessa. Il reprit :

« Très bien. Je te rassure, je suis un homme d’honneur. Cependant, tu fais une grave erreur en voulant m’affronter.

—T’inquiète pas pour moi. »

Haru fonça sur Gärd à toute vitesse et lui mit un coup de poing au visage qui le fit décoller puis tomber au sol. Ce dernier se releva immédiatement et répliqua en l’emprisonnant dans un tourbillon de flammes.

« Intéressant, tu utilises aussi la magie du feu ?

—Et oui, ce qui fait que ta magie est inefficace contre la mienne.

—Ça c’est ce que tu crois. » Haru toucha à peine le tourbillon du bout des doigts que ce dernier s’arrêta net, puis disparut petit à petit.

« Qu’est-ce qu’il se passe ?» s’inquiéta Gärd.

« Ta défaite » répliqua Haru avec un sourire satisfait.

« Non c’est impossible. Je suis le meilleur mage de feu de la garde royale.

—Et pourtant, il y a meilleur que toi dans le royaume et même dans le monde ! »

Il fonça sur le lieutenant tout en utilisant sa magie pour les recouvrir tous les deux. On ne pouvait plus rien voir, mis à part le feu qui entourait les deux jeunes hommes, et une épaisse fumée grisâtre qui provenait des flammes et qui s’échappait par la fenêtre. Quand elle s’évapora, Haru était debout avec quelques égratignures et Gärd à terre, recouvert de brûlure sur tout le corps. Le Lieutenant se releva avec difficulté et annonça :

« Vous avez gagné pour cette fois. Je suis un homme de parole. Allons-nous-en ! » ordonna-t-il à ses grades.

Celui-ci se recouvrit de flammes et disparut dans ces dernières. Les autres gardes partirent à leur tour à la suite de l’ordre du lieutenant, de la même manière. Lia attendit quelque temps avant de s’approcher de Haru, stupéfaite par ce qu’il venait de se passer.

« Comment ont-ils fait ça ? Je ne savais pas qu’il était possible de se téléporter !

—Sûrement grâce à de la magie de téléportation avec un objet magique. Il en existait beaucoup durant la guerre, mais depuis le régime actuel, ils ont été ramassé et récolté par la garde royale pour éviter que des civils ne s’en servent.

—Je vois…

—Sinon, comment tu as fait ça ? » demanda-t-elle.

« Le feu est inefficace contre moi. Ma magie est de manipuler le feu, pas que de maîtriser le feu. » Ils se regardèrent un temps, souriants et fiers, jusqu’à ce que Lia brisât le silence, son sourire s’enleva de son visage et à la place, le regret vient dans son regard.

« Je suis désolée de m’être laissée avoir aussi facilement. À cause de moi, je nous ai mis en danger…

—T’inquiète pas pour ça, c’est pas grave. C’est lui qui devrait avoir honte de s’être servi de toi comme il l’a fait. Un « homme de parole », tu parles ! C’est juste un lâche !

—Comment tu as su où est-ce que j’étais ? »

Il lui expliqua alors qu’il l’avait cherché partout et que les habitants de cette ville étaient menacés sous le joug du Lieutenant. Il parla également de la promesse qu’il avait faite à cette mère de famille.

Ils décidèrent ensuite de se remettre en route tandis que le crépuscule tombait. Avant de partir, les habitants les remercièrent pour ce qu’ils avaient fait et ils leur donnèrent même quelques vivres qui, selon Haru, ne dureraient pas plus de deux jours. Mais ils étaient tout de même touchés par le geste.

☾ ☾ ☾

Une fois la nuit tombée, Lia et Haru cherchèrent un endroit où dormir sans se faire repérer, surtout après ce qu’il venait de vivre aujourd’hui. Ils savaient tous les deux que ce n’était que le début et que la garde royale en aurait encore après eux.

« Haru ! Viens voir ce que j’ai trouvé.

—Hum… quoi ?

—Il y a une espèce de vieille cabane abandonnée. À l’intérieur, il y a une cheminée et une baignoire aussi. Elles sont reliées à la source chaude du coin. On pourra se laver et allumer un feu.

—Ouais pourquoi pas. On va rester ici un peu plus longtemps, afin de faire une réserve de nourriture.

—D’accord. Je n’aurai jamais cru trouver une vieille cabane dans cette forêt.

—Je crois que c’est l’ancienne maison d’un bûcheron. Mais ça va, elle est encore habitable. »

C’était une vieille cabane en bois, laissée à l’abandon depuis des années. Le bois, rongé par le temps, était fissuré et vermoulu, tandis que le toit menaçait de s’effondrer, parsemé de trous laissant filtrer la lumière.

À l’intérieur, une grande pièce dominait l’espace. Une cheminée couverte de suie trônait contre l’un des murs, face à une table en bois profondément griffée et usée par le temps. Sur le mur situé à droite, une porte bancale menait à ce qui semblait être une salle de bain. Son état n’était guère mieux : les murs étaient couverts de taches d’humidité et de moisissures, témoins silencieux de l’abandon des lieux.

C’était peut-être une cabane abandonnée et en mauvais état, mais au moins, personne ne penserait à venir les chercher ici, s’étaient-ils dit.

Ils passèrent donc leur nuit dans cette cabane en bois qui, au moins, les réchaufferait un peu plus que de dormir à la belle étoile.


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