Se rendre au contenu

Chapitre 6 

Un soir, nos trois voyageurs faisaient, comme à leur habitude, une pause autour d’un feu avant de reprendre la route le lendemain.

« Dis-moi Kebren ? Tu as bien dit que tu savais des choses à propos de Kerian ? » demanda Haru.

« C’est exact ! Mais pour le moment, il vaudrait mieux se reposer. Je vous raconterai tout demain.

Haru acquiesça. Ils avaient passé une journée complète à marcher pour rejoindre le plus vite possible la forêt.

Le lendemain, Lia se réveilla mais ne vit personne. Elle chercha Kebren et Haru quand elle les entendit parler. Elle suivit le son de leur voix et vit qu’ils étaient près du lac à côté duquel ils avaient fait leur feu de camp. Tous deux parlaient tranquillement tandis que Haru remplissait une gourde.

Elle pensa : Je ne comprends pas. Il dit que je dois faire attention à qui je parle, qu’il ne fait pas confiance facilement aux gens, mais alors, pourquoi parle-t-il à Kebren et l’appelle par son prénom ? C’est étrange. Son cœur se serra à cette pensée. Elle essaya de chasser ses pensées négatives qui la faisait douter, puis elle partit rassembler les affaires. Quand ils la rejoignirent, elle venait de finir de préparer les sacs.

« Lia ! Tu es réveillée ? En plus tu as préparé les sacs… » commença Kebren.

« On n’aurait jamais cru que tu allais te réveiller un jour, vu comment tu dormais. » se moqua Haru.

« Hein ? Quoi ? Comment j’ai dormi ? » demanda Lia.

Haru se mit à rire avant d’emboîter le pas pour reprendre leur route. Lia essaya de tirer les vers du nez à Haru et Kebren les regardait se chamailler comme des enfants.

Un peu plus tard dans la journée, il se mit à pleuvoir et tous les trois allèrent s’abriter dans une grotte.

« Quelle pluie. » dit Kebren.

« Oui, on a été surpris. » répondit Lia.

« Bon, je vais aller chercher une réserve de nourriture. Vous deux restez là. » dit Haru.

Après que Haru soit parti, Lia demanda à Kebren ce qu’elle pouvait faire en l’attendant.

« On va parler entre nous. » dit Kebren avec un sourire malicieux.

« Et pourquoi pas autres choses ? » Suggéra Lia.

« Bah pourquoi pas ? J’aimerais qu’on apprenne à se connaître !

—Oui mais j’ai l’impression que tu as une idée derrière la tête.

—Mais non, tu te fais des idées. Sinon dis-moi, ça fait combien de temps que vous voyagez toi et Haru ?

—Juste depuis quelques jours… Pourquoi cette question ?

—Oh pour rien. »

Un ange passe. Lia se souvint de ce qui sétait passé un peu plus tôt près du lac et hésita un moment avant de demander à Kebren :

« Dis, je voulais savoir. Vous vous entendez bien avec Haru ?

—Bah pas plus que ça. Disons qu’on se côtoie donc il faut bien qu’on s’entende un minimum, mais je vois bien qu’il met certaines barrières avec moi. Pourquoi tu demandes ça ?

—Ah… parce que je vous ai vu ce matin près du lac, alors je me demandais…

—Oh je vois. Disons que je pense que c’est plutôt mon côté sociable qui fait qu’on arrive à « bien s’entendre », si on peut dire ça comme ça. Par contre avec toi, il est totalement différent, beaucoup plus ouvert. Enfin, à sa manière.

—Ah bon ? Tu trouves ?

—Oui plutôt. Avec toi il sourit, voire rit parfois et il te taquine sans cesse. Tandis qu’avec moi, tout ce qui l’intéresse chez moi c’est mon don, rien de plus.

—Maintenant que tu le dis.

Kebren lâcha un petit rire avant de rétorquer :

« Moi je trouve que vous iriez bien ensemble tous les deux.

-H-hein ?! C’est impossible. » répondit-elle gênée.

« Et pourquoi ?

—Il ne m’intéresse pas.

—Et alors ? Ça peut toujours changer.

—Même si ça changerait, je ne pense pas que je puisse lui plaire de tout manière.

—Oh je ne crois pas. » répondit Kebren. Mais la pluie avait couvert sa voix.

« Quoi ? Qu’est-ce que tu as dit ? Je n’ai pas entendu.

—Oh rien, je n’ai rien dit. »

Kebren surenchérit en lui demandant :

—Dis, tu es sûre qu’il ne t’intéresse pas. Même pas un tout petit peu ?

—J’en suis certaine ! Et puis je ne le connais pas assez pour qu’il commence à m’intéresser.

—C’est dommage… il est beau en plus. Tu ne trouves pas ?

—Euh oui peut-être… Je n’y ai jamais pensé pour être honnête. Mais maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’il est pas mal.

-Bon, vous avez fini de papoter ? » interrompit Haru.

« H-Haru ?! Depuis quand es-tu là ? » demanda Lia gênée.

« Je viens d’arriver.

—Et tu as entendu ce qu’on a dit ? » questionna Kebren.

« Oui un peu.

—Qu’est-ce que tu as entendu au juste ? » interrogea Lia.

« Suffisamment assez. »

À ces mots, Lia fut d’autant plus gênée. Haru, quant à lui, partit déposer la nourriture dans son sac. Après l’avoir fait, il demanda de nouveau à Kebren ce qu’elle savait à propos de Kerian. Après tout, il n’avait pas encore eu l’occasion d’en parler.

Ils allumèrent un feu pour voir un peu plus clair dans la grotte mais aussi pour se réchauffer. Puis ils s’assirent autour.

« Comme tout le monde le sait, une rumeur dit que Kerian n’est jamais dans son château. De plus, les visites sont interdites et on ne le voit jamais.

Haru acquiesça.

« Cette rumeur est fausse. J’ai beaucoup enquêté et j’ai eu du mal mais j’ai réussi à y parvenir. J’ai découvert qu’en réalité, il existait une salle secrète où il se cacherait.

—Et tu sais où elle se situe ? » demanda Haru.

« Non. Comme son nom l’indique, elle est secrète et je n’ai toujours pas réussi à la repérer. D’ailleurs, je cherche toujours à savoir ce qu’il mijote.

—Donc, c’est tout ce que tu as comme information ? » ajouta Lia.

« Pour le moment oui.

—Et c’est déjà bien assez. » répondit Haru.

« On ferait mieux d’aller dormir. » dit Kebren.

Elles allèrent se coucher, sauf Haru qui surveillait la grotte pour que personne n’y entre.

Le lendemain matin, la pluie avait cessé mais la forêt était encore bine humide et de la boue s’était formé çà et là. Nos voyageurs approchèrent de la sortie de la forêt quand ils entendirent un bruit distinctif : celui d’une clochette. Ils se retournèrent, cherchant d’où il provenait lorsque Kebren les rassura :

« Je crois savoir ce que c’est.

—Et qu’est-ce que c’est ? » demanda Lia.

« Un chat de mon clan. » répondit la jeune fille.

Au même moment, un chat gris avec des tâches noires apparut.

« Tu le connais ? »

—Oui, il s’appelle Riri. Il vient de mon village. » Le chat portait un collier avec une clochette et un mot y était accroché. Kebren le prit et le lut.

« Je suis désolée, je dois rentrer chez moi. On a besoin de moi pour une mission.

—C’est dommage. » dit Lia, déçue.

« Ne t’inquiète pas, on se reverra. Si jamais vous avez besoin d’une information, il suffit de me le demander par chat.

—Et comment fait-on, nous ne sommes pas de ton clan.

—Vous n’avez cas vous servir de ça. »

Elle leur tendit une petite clochette grise attachée à une ficelle dorée.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda Lia.

« Une clochette. Il suffit juste de la faire sonner pour qu’un chat arrive. Seuls les chats peuvent entendre son carillon.

—Oh je vois, merci beaucoup !

—De rien et au revoir !

—Au revoir ! » s’exclama Lia.

Kebren partit. Lia lui fit un « au revoir » de la main. Puis ils reprirent leur route jusqu’au prochain village, comme prévu.


Précédent

Suivant