Chapitre 10
Cinq soldats de la garde royale se tenaient immobiles dans la salle du trône, attendant en silence. Soudain, l’une des portes proches du trône s’ouvrit violemment, claquant contre le mur. Le roi Kerian fit irruption, avançant d’un pas rapide et déterminé, une lueur d’irritation dans le regard. D’une voix autoritaire, il lança :
« Je n’ose croire que vous avez tenté de rayer un village de la carte dans lequel se trouver la lumière ! »
Les gardes tressaillirent, une vague de crainte parcourant leurs rangs. L’un d’eux tenta de balbutier une explication, sa voix hésitante trahissant son angoisse, mais le roi l’interrompit d’un regard glacial avant qu’il ne puisse achever sa phrase.
« Vous n’imaginez pas ce que je vous réserve pour avoir osé. Que vous soyez au courant ou non ne m’intéresse pas. Vous n’auriez jamais dû utiliser une balise aussi importante en magie pour une simple besogne. »
Un silence pesant s’installa. Puis, d’une voix plus maîtrisée mais toujours implacable, le roi reprit la parole, un ton autoritaire ne laissant aucune place à la contestation :
« Je vous informe que votre châtiment sera à la hauteur de votre échec… cuisant. Gärd a échoué et le voilà maintenant réduit au rang de simple soldat. Quant à vous, votre puniton sera la radiation complète ainsi que les cachots. »
À ces mots, les cinq gardes frissonnèrent. Ils connaissaient trop bien le sort réservé à ceux qui échouaient. Malgré leurs supplications, le roi resta impassible. D’autres soldats entrèrent, silencieux, pour leur retirer leur armure avant de les emmener aux cachots. Là, ils seraient marqués au fer rouge, symbole de leur incompétence, et soumis à une torture mentale destinée à leur faire mesurer pleinement l’étendue de leur échec.
Quelques instants plus tard, Kerian se redressa et, d’une voix ferme, appela une certaine « Anko ». Presque aussitôt, une jeune femme à la chevelure blonde et aux yeux verts pénétra dans la salle. Elle s’avança avec grâce avant de s’agenouiller devant le roi, le regard remplie de respect.
« Vous m’avez appelé mon roi ?
—En effet. Tu auras pour mission de m’amener la lumière. J’en ai eu assez avec l’incompétence de Gärd et de ces anciens soldats. Qui sait si d’autres ne tenteront pas de la tuer encore par inadvertance pour un égo mal placé. Je compte donc sur toi pour ma la ramener, saine et sauve.
—Je vous en fait le serment, mon roi. »
Sur ces mots, elle s’inclina une dernière fois avant de se relever et de quitter la salle du trône. Son pas était rapide, précis, sans hésitation. Alors qu’elle empruntait le long couloir menant à la sortie, une silhouette familière apparut dans son champ de vision.
« Gärd.
—Anko » Lui répondit le jeune homme, désormais réduit au rang de soldat.
« Alors, comment ça va depuis ton échec ? »
Il répondit avec sarcasme :
« Tu verras bien quand tu seras à ma place.
—Oh ça n’arrivera pas. Je capturerais la lumière sans problème.
—C’est ce que tu dis, mais je crois savoir que le roi la veut indemne. Sauras-tu vraiment la capturer sans l’abimer ?
—Une blessure ou deux n’ont jamais fait de mal voyons. » Répondit-elle d’un sourire sournois.
« Vipère ! » Lui lança-t-il avec dégoût.
« Je te remercie du compliment. »
Puis elle partit en riant d’un rire glacial.
☾ ☾ ☾
Après avoir vagabondé dans la campagne sans trouver la moindre ville où s’arrêter, Lia et Haru arrivèrent enfin dans l’une des plus grandes villes du royaume, située à proximité de la capitale. Ils décidèrent d’y faire une halte pour faire le point avant d’atteindre leur destination finale.
Avant de pénétrer dans la ville, ils se dissimulèrent sous de longues capes à capuches, espérant ainsi éviter l’attention des gardes royaux. À l’entrée de la ville, ils se firent passer pour de simples voyageurs en quête de travail dans une grande cité, comme tant d’autres avant eux. Ils prirent une chambre d’hôtel. Haru paya sans hésiter, mais Lia, un peu troublée, se demanda d’où venait tout cet argent. Elle n’osa pas poser la question, redoutant que cela ne mette mal à l’aise le jeune homme. Cet hôtel, réputé et coûteux, était l’un des plus célèbres du royaume. L’intérieur était bondé, et l’endroit était si vaste qu’il semblait facile de s’y perdre.
Nos deux voyageurs durent patienter et faire la queue pour obtenir une chambre, espérant qu’il en restait encore une de libre. Alors qu’ils attendaient, Haru prit la main de Lia. Surprise par ce geste inattendu, Lia ne dit rien, se contentant de le suivre sans protester.
« C’est pour ne pas te perdre. »
Le cœur de Lia s’emballa, et elle pria en silence pour que Haru ne le remarque pas. Elle tenta de garder son calme tandis qu’ils avançaient dans la file d’attente.
Lorsqu’ils atteignirent enfin le comptoir, une jeune femme d’une grande beauté les accueillit. Elle avait de longs cheveux blonds qui cascadaient sur ses épaules et des yeux d’un bleu profond, rappelant l’océan. Son sourire, éclatant et parfaitement maîtrisé, respirait l’élégance et l’assurance. D’une voix douce et mélodieuse, elle s’adressa à eux :
« Bonsoir ! En quoi puis-je vous aider ?
-Nous souhaiterions une chambre.
-Une chambre pour deux ?
-Oui, cela suffira et nous ne voudrions pas faire plus attendre les gens derrière nous. »
Elle se retourna pris une clé et la tendit à Haru.
« Cinquième étage, chambre cent cinquante. »
Haru récupéra la clef et prit la direction des escaliers, sa main toujours fermement liée à celle de Lia. La jeune femme du comptoir, quant à elle, retourna à ses occupations sans plus prêter attention à eux.
Alors qu’ils montaient les marches une à une, Lia sentit la fatigue s’accumuler et souffla, tentant de reprendre son souffle.
« On aurait peut-être dû demander une chambre à un étage plus bas » murmura-t-elle.
« On avait pas vraiment le choix. » Répondit Haru, imperturbable.
Il continua d’avancer.
Arrivés enfin au cinquième étage, Lia était essoufflée. Haru la regarda brièvement avant de lui dire d’attendre d’être dans la chambre pour se reposer. Leur chambre se trouvait tout au bout du couloir, un endroit discret, à l’abri des regards indiscrets. Cela les arrangeait parfaitement, car ils voulaient éviter d’attirer l’attention.
D’un geste rapide, Haru inséra la clef dans la serrure et ouvrit la porte. Il laissa passer Lia avant de refermer derrière eux.
« Assieds-toi sur le canapé et repose-toi un peu. » Lui dit-il en posant son sac.
Sans se faire prier, Lia s’exécuta immédiatement, appréciant le confort du meuble après cette montée épuisante.
« C’est confortable !
—J’espère bien, vu le prix de l’hôtel.
—Pourquoi avoir choisi cet hôtel dans ce cas ?
-Un peu de luxe fait pas de mal. »
Elle fit la moue, peu convaincue mais ne fit aucun commentaire.
« La chambre est super grande ! Mais il n’y a qu’un seul lit…
—C’est normal, c’est une chambre pour deux.
—On ne va pas dormir ensemble quand même ?!
—Non, je dormirais sur le canapé, et toi sur le lit. »
La jeune fille acquiesça, soulagée. Elle n’avait jamais dormi avec quelqu’un auparavant.
Ils déposèrent leurs sacs de voyage avant d’aller descendre manger.
Au rez-de-chaussée, Haru et Lia se dirigèrent vers le restaurant de l’hôtel. Mais avant qu’ils n’y arrivent, Haru suggéra à Lia de se rendre plutôt au bar, qui serait moins cher et plus rapide. Lia ressentit une pointe de déception ; elle avait espéré avoir l’occasion de découvrir la cuisine d’un grand hôtel. Néanmoins, elle ne protesta pas et le suivit vers le bar.
Alors qu’ils faisaient quelques pas dans cette direction, une voix interpella soudainement Haru. Ils se retournèrent, curieux de savoir qui les appelait, et une jeune fille apparut devant eux. Elle était à peu près de leur âge, avec des cheveux bruns et des yeux noisette.
Lorsque Haru la reconnut, une expression de surprise et de colère traversa son visage. Il s’approcha d’elle d’un pas ferme et lui lança sèchement :
« Que fais-tu ici ? »
Lia, perturbée par la scène, se demandait qui était cette jeune fille. Elle s’apprêtait à poser la question, mais Haru la coupa avant qu’elle ne puisse dire un mot.
« Tu ne devrais pas être ici ! Ça peut être dangereux !
—Je ne suis plus une enfant !
—Peut-être, mais pour moi tu es…
—Arrête de t’inquiéter, je sais me défendre maintenant !
—Peut-être, mais ça reste tout de même dangereux ! Tu n’aurais pas dû partir du village.
—Avec toi c’est jamais possible de discuter.
—Ne recommençons pas à nous disputer…
—C’est toi qui as commencé… »
Au même moment, la jeune fille remarqua Lia. Elle demanda alors qui était la jeune fille à côté de lui.
« C’est… une longue histoire.
—Waouh ! Le sombre et glacial Haru qui est avec quelqu’un. Qui plus est une jeune fille.
Lia, intriguée par la tournure qu’avait pris la conversation, demanda à la jeune fille qui elle était. Cette dernière ne s’était toujours pas présentée et paraissait proche de Haru. D’après ce que Lia avait compris, ils venaient du même village. C’était la première fois que Lia voyait Haru agir de la sorte avec quelqu’un, et, pour une raison qu’elle ne comprenait pas, cela la rendait heureuse. Elle avait l’impression de se rapprocher de lui, ne serait-ce qu’un peu.
« Je m’appelle Hanaé, enchantée ! Et toi, qui es-tu ?
-Elle s’appelle… » Mais Haru n’eut pas le temps de continuer que Lia lui coupa la parole.
« Je sais parler moi-même, tu sais ? Je m’appelle Lia et je voyage avec Haru.
« Dis donc tu as du répondant ! Tu me l’avais caché. » dit-il avec sarcasme. Lia le dévisagea et Hanaé parut surprise quant au fait que Lia puisse voyager avec Haru.
« Tu voyages avec Haru ? Haru, elle voyage vraiment avec toi ? » Ils acquiescèrent tous les deux.
« Comment ça ? Depuis quand ? Comment vous vous êtes rencontrés ? Dites-moi tout.
-Chut ! Pas ici. On va trouver un endroit calme et je vais tout t’expliquer. Viens avec moi.
Haru passa son bras gauche autour des épaules de la jeune fille et la guida vers l’entrée de l’hôtel, laissant Lia seule là où elle se tenait.
« Euh, Haru… Et moi, je fais quoi ?
-Tu peux aller manger. Je serais pas long.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre et lui lança sa bourse, celle dans laquelle il rangeait son argent. Lia voulut dire quelque chose, mais ils étaient déjà en train de se diriger vers la sortie. Elle se rendit alors au bar, où elle commanda une assiette de pommes de terre rôties, parfumées à l’estragon, accompagnées d’amandes et d’une sauce au cresson. Alors qu’elle était plongée dans son repas, la jeune femme de l’accueil s’approcha d’elle. Elle la salua et Lia la remarqua enfin. Elle leva les yeux et, intriguée, se demanda ce que cette dernière pouvait bien vouloir.
« Bonsoir. » Lui répondit-elle.
« Vous êtes seule on dirait.
—Et vous, vous n’êtes plus à votre poste ?
—Non, le soir je m’occupe du bar.
—Je vois. »
La serveuse repris :
« Il est parti avec une autre. La vie est dure. »
À ces mots, Lia ne comprit pas tout de suite à quoi elle faisait allusion. Elle fut muette de surprise avant de répondre :
« Pardon ?
—Le jeune homme qui était avec vous, il vous a abandonné pour une autre.
—Euh, je crois que vous vous trompez.
—C’est beau de se mentir à soi-même. Vous n’étiez peut-être pas à son goût. »
Lia commença de plus en plus à avoir du mal à garder son calme.
« C’est de cette manière que vous traitez vos clients ?
—Non, seulement les filles comme vous.
—Vous ne me connaissez même pas.
—C’est vrai, et je n’en ai aucune envie.
—Pardon, mais de quoi vous vous mêlez exactement ?
—Et vous, vous êtes énervée parce qu’en ce moment même il prend du plaisir dans les bras d’une autre. »
Lia s’offensa et ne savait pas quoi répondre.
C’est quoi son problème ? Je ne lui ai rien fait.
La jeune femme se rapprocha de Lia et chuchota à son oreille d’une voix mielleuse :
« Vous voyez très bien de quoi je veux parler je suppose. »
Lia releva la tête, surprise et offusquée par les mots de la jeune femme. Elle ne comprenait pas pourquoi celle-ci semblait lui en vouloir, mais cela ne lui plaisait absolument pas. Ses yeux se durcirent, et elle fixa la jeune femme avec colère. Cette dernière, quant à elle, plissa les yeux et esquissa un sourire en coin, comme si elle savourait le malaise qu’elle venait de provoquer. Lia savait qu’il ne servait à rien de discuter davantage avec elle. D’un coup, elle se leva et se dirigea vers la porte d’entrée, sentant, derrière elle, le regard insistant de la jeune femme qui la suivait du regard.
Cette femme a un vrai problème. Je n’ai même pas eu le temps de finir de manger ! Je vais prendre l’air, cela ira mieux. Du moment que je ne sors pas trop, ça devrait aller.
Elle resta un moment près de la porte d’entrée, prenant une grande bouffée d’air frais pour se calmer. Alors qu’elle fermait les yeux, cherchant à se recentrer, des bruits métalliques vinrent troubler sa tranquillité, comme ceux d’une armure qui s’entrechoque. Elle tourna la tête dans la direction d’où provenaient les bruits et aperçut au loin des membres de la garde royale, en marche vers l’hôtel.
Oh non, s’ils me voient je suis fichue.
Elle était sur le point de rentrer lorsqu’une voix se fit entendre à côté d’elle, lui ordonnant de revenir dans l’hôtel. Avant même qu’elle ne puisse comprendre ce qui se passait ou réagir, une main ferme se posa sur la sienne, la tirant à l’intérieur. La personne qui l’avait saisie portait une longue cape noire, discrète mais imposante, comme celles qu’on voit souvent dans la rue. Une fois à l’abri des regards, dans un coin sombre de l’hôtel, la personne lâcha sa main et, d’une voix empreinte de colère, lui dit :
« Je t’avais dit de ne pas sortir de l’hôtel, tu aurais pu te faire prendre ! »
Elle remarqua alors que cette voix lui était étrangement familière. La personne qui l’avait aidée n’était autre que Haru.
« Haru ?
—Pourquoi il faut toujours que tu te mettes dans des situations difficiles.
—J’allais rentrer dans l’hôtel pour me cacher tu sais. Je ne suis pas stupide.
—Tu veux que je te rappelle ce qu’il s’est passé avec Gärd ?
—Ça va, c’est bon je m’en souviens. J’ai appris de mes erreurs !
—Mais oui, bien sûr ! T’es tellement naïve ! »
Lia était furieuse. D’abord la dame de l’accueil, maintenant Haru. Elle n’en pouvait plus. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, Hanaé arriva et intervint. Elle s’efforça de calmer la tension palpable entre les deux, avec un regard apaisant et une voix douce.
« Ça suffit, calmez-vous tous les deux ! Lia avait sûrement une bonne raison d’être dehors. Explique-nous.
—Et bien, je ne sais pas si…
—Mais si, vas-y, on t’écoute ! » S’impatienta Haru.
Il était clairement en colère. D’habitude, Lia aurait su comment gérer la situation et l’apaiser en lui expliquant calmement, mais cette fois-ci, elle aussi était énervée. Les mots sortirent d’elle avant qu’elle ne puisse les retenir :
« Non rien. C’est juste que je suis stupide, mais ça tu le savais déjà puisque je ne suis qu’une gamine naïve. »
Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer qu’elle partit en direction de l’escalier.
« Bravo, t’as tout gagné. »
Hanaé lui fit un regard plein de reproches et Haru culpabilisa immédiatement.
« Vas-y. » Lui dit calmement Hanaé.
Aussi vite, Haru courut pour rattraper Lia et la retint par le bras, au milieu des escaliers. Il la conduisit au dernier étage, là où l’agitation de l’hôtel se faisait moins ressentir, pour qu’ils puissent parler plus tranquillement.
« Écoute, je suis désolé. T’es pas stupide et je suis sûr que t’avais une raison d’être sortie. C’est juste que j’ai eu peur pour toi et je me suis énervé. » Lia fut touchée par ses mots. C’était la première fois que Haru lui parla si sincèrement.
Elle réfléchit un temps avant de lui répondre :
« Et bien, pour être honnête, moi aussi j’étais énervée. J’ai mangé comme tu m’a dit de le faire, et comme j’ai été dérangé pendant mon repas, je suis allée prendre l’air. J’en avais besoin.
-Comment ça, on t’a dérangé ? Qui ?
-La femme de l’accueil. Elle m’a parlé de toi d’ailleurs.
-De moi ? » Lia acquiesça puis lui expliqua ce qu’il s’était passé plus tôt.
Haru s’énerva et voulu aller lui parler, mais Lia l’en empêcha en lui disant que cela ne valait pas la peine. Haru rétorqua qu’en cas de nouvelle provocation, il irait la voir. Lia le rassura alors, d’une voix calme :
« Tu sais, si elle recommence, je saurais me défendre.
—Je sais, on dirait pas comme ça mais t’as des crocs. Une vraie petite lionne. »
Ils rirent tous deux en cœur à cette remarque, l’atmosphère soudainement plus légère. Hanaé finit par les rejoindre dans les escaliers, un sourire en coin, comme si elle savait exactement ce qui venait de se passer. Elle finit par les interrompre :
« Je vous ai cherché partout. »
Elle ajouta :
« Je vois que vous vous entendez mieux tous les deux. »
Haru et Lia échangèrent un sourire complice en acquiesçant à la remarque de Hanaé. Haru ajouta, en riant légèrement, qu’il ferait davantage attention à son caractère à l’avenir.
« D’ailleurs, je commence à avoir faim, ça vous dit qu’on aille manger ? » proposa la brune.
« C’est vrai ! Allons-y, tu viens ? Après tout tu n’as pas beaucoup mangé » proposa Haru à Lia.
—D’ailleurs, tu ne m’as pas vraiment dit qui était Hanaé ?
—Quoi, tu ne lui as pas parlé de moi du tout ? Je pensais qu’elle savait qui j’étais une fois que je me suis présentée.
—Non, Haru ne parle pas vraiment de lui.
—Sérieusement ? Alors je me présente : comme tu le sais déjà je m’appelle Hanaé, j’ai 16 ans et j’habite dans le même village que Haru.
—Dans le même village ?
—Bon ça suffit les interrogatoires, on y va ? » Interrompit Haru.
« Quel rabat-joie tu fais ! »
En les voyant si complices, Lia ria de bon cœur.
Alors que Haru et Hanaé se décidèrent à aller manger, Lia leur proposa d’y aller sans elle. Elle n’avait pas très faim après toutes ces émotions. Haru lui demanda si elle en était vraiment sûre, et Lia le rassura. Elle se dirigea alors vers la chambre tandis que Haru et Hanaé se dirigèrent vers le bar.
Tandis qu’ils mangeaient, Hanaé posa une question déroutante à Haru :
« Au fait, pourquoi tu ne lui as pas parlé de moi ?
—Je vois pas pourquoi je l’aurais fait, on se connaît que depuis quelques semaines.
—Et alors ? Tu pourrais lui parler un peu de toi. Pas grand-chose mais juste un peu. C’est toujours plus sympa pour faire connaissance avec quelqu’un. »
À ces mots, le jeune homme répondit froidement, visiblement sur la défensive :
« Écoute Hané, j’ai aucune envie de parler de moi. La discussion et close. »
Hanaé comprit immédiatement ce qui posait problème. Elle lui fit alors remarquer que ce n’était pas bon de rester bloquer dans le passé. Haru répondit alors :
« J’arrêterais le jour où cet enfoiré sera mort ! »
Un ange passa. Haru reprit :
« J’ai plus faim, j’y vais. Toi, tu ferais mieux de rentrer au plus vite. »
Hanaé resta silencieuse, le regardant partir, désolée pour lui.
Arrivé devant la chambre, Haru inséra la clef dans la serrure et ouvrit la porte, surpris de constater qu’elle était vide. La pièce était plongée dans l’obscurité. Il se demanda où Lia avait bien pu aller et allait commencer à la chercher quand il entendit sa voix.
De son côté, après avoir terminé son bain, Lia, depuis la salle de bain, entendit la porte de la chambre s’ouvrir. Elle entrouvrit légèrement la porte de la salle de bain et, à sa grande surprise, aperçut Haru.
Que fait-il ici ? Il ne devrait pas être avec Hanaé ?
Une fois changée, elle ouvra alors la porte et dit :
« Haru, c’est toi ? » Le jeune homme se retourna, surpris.
« Tu ne devrais pas être avec Hanaé ?
—Si, mais j’avais pas très faim non plus alors je suis revenu. Je vais aller prendre un bain et me coucher. Tu peux déjà aller dormir si tu veux. Ne t’inquiète pas, je ne ferais pas de bruit. »
Elle acquiesça et se dirigea vers le lit. Pendant ce temps, tandis que Lia tentait de s’endormir, encore sous le choc de la surprise, Haru entra dans la salle de bain. Ainsi commença leur nuit, une nuit où ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre.